Festivals d’été 2018

Le rideau vient de tomber sur l’édition 2018 des festivals d’été. Edition dont le bilan s’annonce positif avec l’enregistrement de quelques chiffres records en terme de vente surtout pour le Festival international de Carthage…
En Tunisie, les festivals artistiques surtout à vocation musicale fleurent bon en été, offrant aux Tunisiens un éventail d’expressions et d’expériences musicales d’ici et d’ailleurs. Eclectiques ou populaires, spécialisés ou ouverts sur toutes les expressions artistiques, internationales ou nationales, du nord au sud et de l’est à l’ouest, ces festivals proposent au grand public ou encore aux mélomanes avertis de découvrir des artistes, des orchestres et des musiciens qui ont réussi à fuir les sentiers battus. Ainsi, les festivals d’été se veulent également une belle occasion pour promouvoir de nombreux sites archéologiques qui accueillent généreusement les spectacles. Comptant plus de 300 festivals, la Tunisie se transforme en été en terre de fêtes, du d’échange, de joie… Riche en rendez-vous, la carte festivalière 2018 a réussi bel et bien à répondre à tous les goûts, assurant un équilibre budgétaire malgré la conjoncture difficile, drainant également des milliers de spectateurs surtout pour les grands festivals comme Carthage, Hammamet, El Jem, Bizerte, Sousse, Djerba, Sbeïtla… Doyen des festivals.
Organisé du 13 juillet au 17 août, le festival international de Carthage qui vient de souffler sa 54ème bougie a vu la programmation de 22 spectacles. L’espace Cinémadart- Carthage a accueilli toujours dans le cadre du festival international de Carthage une programmation spéciale en hommage à l’artiste Raja Ben Ammar. Au total: 11 spectacles tunisiens, un suisse et un français ont été à l’affiche de cet espace culturel, permettant aux passionnés du 4ème art, de la danse… de savourer quelques spectacles inédits tels que “Monopole”, création théâtrale du Centre des arts dramatiques et scéniques de Kasserine, élaborée dans le cadre d’un partenariat avec la direction du festival international de Carthage ou encore “Bnett Wasla”, spectacle de 35 min de Héla Fattoumi et “Les quatre saisons” ou le mariage du loup, une chorégraphie d’Emilio Calacagno avec la participation du Ballet de l’Opéra de Tunis. Deux spectacles chorégraphiques qui ont démontré l’important travail mené au cœur du Pôle ballet et arts chorégraphiques.
Carthage, une réussite Réussissant à drainer des milliers de spectateurs, le programme de la 54e édition du Festival international de Carthage a connu de nombreux forts moments. Outre les spectacles d’ouverture et de clôture dont le 1er a été un voyage dans le patrimoine musical maghrébin en commun, dans la richesse du malouf et ses modes, alors que le 2ème a été une exploration du patrimoine musical tunisien, le grand public a eu droit à plusieurs spectacles performés par des artistes programmés exclusivement à Carthage, des spectacles qui ont crée l’évènement à savoir le one man show de Jamel Debbouze, intitulé “Maintenant ou Jamel”, les concerts de “Myrath”, de la troupe “100 voix du Gospel”, du chanteur français Kenjie Girac, du chanteur libanais Marcel Khalifa, de la chanteuse libanaise Majida El Roumi, du chanteur iraquien Kadhem Saher… Parmi les spectacles qui ont connu un franc succès, nous citons le spectacle pour enfants “Pinocchio” et le ballet chinois, programmé dans le cadre de la coopération culturelle. Les artistes tunisiens programmés à cette édition n’ont pas déçu le public, leurs mélomanes. De retour après des longues années d’éclipse, la diva Amina Fakhet a réussi lors de deux soirées mémorables à drainer des milliers de ses fans, à annoncer son grand retour sur scène. Ambitieux, Ali Jaziri avec son “Hemlyn” a su à son tour présenter une nouvelle expérience musicale alliant tradition et modernité. Pour son 1er rendez-vous carthaginois, Hela Melki a bel et bien excellé. Idem pour Hassen Doss qui a su transformer la scène du festival international en un vrai carnaval. Belle voix, Yosra Mahnouch dont la soirée a été programmée à l’occasion de la célébration de la fête de la femme, le 13 août, a connu un franc succès. D’ailleurs, la jeune et talentueuse chanteuse tunisienne a été classée première en terme de vente au festival de Carthage, surpassant ainsi son “maitre” Kadhem Saher. Défi relevé A Hammamet, le succès a été au rendez-vous. La 54ème édition de son festival international a été une vraie réussite.
Présentant une programmation riche et diversifiée, éclectique, croisant tradition et modernité, le festival international de Hammamet 2018 a proposé à ses fidèles une édition bien copieuse et ce du 8 au 18 août. De nombreux artistes nationaux et internationaux ont été à l’affiche de cette manifestation hébergée comme à l’accoutumée dans le théâtre du plein air du centre culturel international de Hammamet. Des artistes qui ont mis de l’ambiance dans la ville et semer de la joie au cœur d’un public surtout jeune en quête de quelques moments de bonheur. Proposant un programme au goût de tout le monde, mêlant différents styles et basculant entre théâtre, musique, cinéma, poésie et autres, la direction de la 54e édition du festival international de Hammamet a réussi à relever le défi. Nombreux sont ainsi les concerts qui se sont déroulés à guichets fermés.
Parmi ces rendez-vous à succès, nous citons: les soirées de Marcel Khalifa, Emir Kusturica, Faia Younan, Hiba Tawaji, Jahida Wahbé… sans oublier les concerts de Carlos Nunez, le maître de la musique galicienne, le groupe égyptien “wust El Balad” qui a fait vibrer le public sans oublier les performances de Patricia Guerrero, Dobet Gnahoré, Omar Sosa, Secckou Keita et Gustavo Ovalles dans “Transparent Water”, la pièce de théâtre italienne “La Gioia” de Pippo Delbono… Des soirées qui ont attiré un public nombreux, insufflant de la vie au théâtre de plein air de Hammamet. Les artistes tunisiens qui ont été au programme de la 54e édition du festival international de Hammamet ont remporté bel et bien le défi, réussissant à merveille leurs concerts. Parmi ces soirées réussies qui ont marqué l’édition 2018, nous citons: Zouheir Gouja Avec son “Yinna”, Mohamed Hedi Agrebi, Raoudha Abdallah et Yasser Jradi qui ont présenté “Nouhibbou Al bilada” (We love country), Jihed Khemiri qui a partagé avec le public “Mina Nawa”, Badreddine Dridi avec “Aroug” (Racines), spectacle qui puise dans l’héritage tunisien, Chahrazade Hilal qui lors d’une soirée mémorable, programmée dans le cadre de la célébration de la fête nationale de la femme, le 13 août, son spectacle intitulé “Nissa we nessef”… La clôture a été en beauté avec au programme l’artiste tunisienne de renommée internationale Ghalia Benali qui a ensorcelé le public de Hammamet avec sa voix d’exception et sa présence scénique magistrale.
El Jem et Testour, RDV des spécialistes Malgré la conjoncture économique difficile qui a obligé de nombreux programmateurs à revoir leurs grilles et à chercher le bon filon pour à la fois satisfaire le grand public et garantir la qualité, le succès a été au rendez-vous. La saison estivale 2018 s’est bien démarquée. Parmi les grandes manifestations estivales à vocation musicale qui ont réussi à se distinguer, nous citons également le festival international de musique symphonique d’El Jem qui vient de fêter son 33e anniversaire. Fidèle à son histoire et à son cachet, l’édition écoulée a permis aux mélomanes et surtout aux passionnés de musique classique de suivre dans le cadre enchanteur du Colisée d’El Jem un joli bouquet de concerts assurés par des orchestres chevronnés. Outre les rendez-vous classiques et traditionnels comme ceux de l’Orchestre symphonique tunisien (OST) ou encore l’Orchestre et le bal de l’Opéra de Vienne, l’édition 2018 a vu pour la 1ère fois la participation d’un orchestre symphonique coréen et la présentation du ciné-concert “Casse-noisette”. Il est rappeler que le festival a accueilli en avant-première et hors- festival, le projet opéra Aïda, réalisé dans le cadre de la coopération culturelle tuniso-italienne.
Les mélomanes et surtout les adeptes du malouf ont été bien servis à Testour, ville qui veille sur la préservation de cet héritage musical et sur son cachet andalou. Ainsi, malgré les pluies qui se sont abattues sur Testour (Gouvernorat de Bejà) et qui ont mis les organisateurs de la 52ème édition du festival international du malouf dans l’obligation de reporter quelques soirées, le public a pu suivre de nombreuses voix montantes et troupes musicales qui ont pris part aux différents concours organisés dans le cadre de cette manifestation. Plusieurs festivals internationaux tels que les festivals de Bizerte, Djerba, Dougga, Sousse, Monastir, Boukornine, Sbeïtla et Ezzahra ou encore nationaux tels que le festival de Nabeul, Siliana, Tataouine, Tébourba, Tozeur et Mahdia ont choisi cet été de mettre à l’honneur des artistes tunisiens tels que Lotfi Bouchnak, Zied Gharsa, Nébiha Karaouli, Chahrazede Hilal, Amina Fakhet, Hassen Doss, Olfa Ben Rodhane etc. Kasserine et son amphithéâtre romain Ainsi parmi les évènements marquants cet été est sans doute l’inauguration par le ministre des Affaires culturelles de l’amphithéâtre romain “Cillium” à Kasserine. Non – exploité, l’amphithéâtre a retrouvé ses lettres de noblesse après de longues années d’abandon.
Ainsi, pour bien célébrer l’évènement, cet exploit culturel, un concert de l’artiste libanais Marcel Khalifa a été organisé. Dans ce sens, et lors d’un point de presse qui a précédé l’inauguration, le ministre des affaires culturelles Mohamed Zinelabidine a tenu à souligner que l’inauguration de ce joyau patrimonial est sans doute un moment historique pour la ville de Kasserine, emblème du militantisme contre l’obscurantisme et de terrorisme, précisant que son département a réservé une enveloppe de l’ordre de 300 mille dinars pour les travaux de restauration et de maintenance sachant que le coût global du projet est de plus de 400 mille dinars. Projet amitieux qui a été réalisé avec le soutien du conseil régional du gouvernorat de Kasserine, en collaboration avec le ministère des affaires culturelles, l’Institut national du patrimoine (INP) et l’Agence de mise en valeur du patrimoine et de la promotion culturelle (AMVPPC).
Il est à noter que le ministre des Affaires culturelles, Mohamed Zinelabidine avait suivi de nombreux concerts donnés dans le cadre des festivals internationaux ou encore nationaux, appuyant ainsi les efforts menés par les directeurs des festivals et soutenant l’action culturelle. Bien que la saison estivale est presque à sa fin, de nombreux autres importants rendez-vous viennent d’être annoncés tels que la 1ère édition du festival méditerranéen de théâtre, le festival de phosphate de Redeyef, les “nuits du musée de Sousse”, les rencontres cinématographiques de Hergla… et ce n’est qu’un début, une annonce d’une rentrée culturelle riche en évènements, d’une saison automnale culturellement exceptionnelle.

 

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